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Analyse (commentaire) d'un extrait de l'œuvre Hernani de Victor Hugo

 

Essai de réponse à un modèle d’examen de théâtre romantique

Réalisé par : Mohamed Ouazza

résumé de l'oeuvre par lahcen kadi


Extrait :

HERNANI.

 Écoute.

La vengeance au pied sûr fait moins de bruit en route.

Je t'appartiens, tu peux me tuer. Mais veux-tu

M'employer à venger ta nièce et sa vertu ?

Ma part dans ta vengeance ! Oh ! Fais-moi cette grâce !

Et s'il faut embrasser tes pieds, je les embrasse !

Suivons le roi tous deux ! Viens, je serai ton bras,

Je te vengerai, duc ; après, tu me tueras.

DON RUY GOMEZ.

Alors, comme aujourd'hui, te laisseras-tu faire ?

HERNANI.

 Oui, duc.

DON RUY GOMEZ.

 Qu'en jures-tu ?

HERNANI.

 La tête de mon père.

DON RUY GOMEZ.

Voudras-tu de toi-même un jour t'en souvenir ?

 HERNANI, lui présentant le cor qu'il ôte de sa ceinture.

Écoute, prends ce cor. Quoi qu'il puisse advenir,

Quand tu voudras, seigneur, quel que soit le lieu, l'heure,

S'il te passe à l'esprit qu'il est temps que je meure,

Viens, sonne de ce cor, et ne prends d'autres soins ; 

Tout sera fait.

DON RUY GOMEZ, lui tendant la main.

 Ta main ?

Ils se serrent la main.

 (Acte III, scène 8, p.64.)

 

Commentaire

 Le XIXème siècle a connu au niveau littéraire, l’explosion d’un nouveau genre théâtrale, qu’essaie de gommer les limites entre la tragédie et la comédie tout en s’attachant à l’histoire.  Il s’agit bel et bien du drame romantique. Celui-ci est apparu aux mains de plusieurs écrivains, à savoir, Victor Hugo en tant qu’écrivain, poète et intellectuel français. Il a écrit Hernani en 1830, dans laquelle il incarne une véritable querelle entre les classiques et les modernes.  Alors, dans quelle mesure Hugo bouleverse-t-il les principes du Classicisme ?

         La scène sous forme d’un dialogue s’effectuant entre Hernani et Gomez. Il se situe après qu’Hernani arrive au château de Gomez demandant d’hospitalité, et plus précisément, juste après que le roi vient chercher Hernani, pour le châtier en tant que bandit. Mais, il s’est caché par Gomez dans une armoire. De ce fait Carlos enlève D.Sol comme otage. Et c’est à ce moment-là qu’Hernani sort de l’abri en se signant un pacte avec le duc, en vue de sauver D.Sol  de D.Carlos. Un peu plus tard, Hernani et Gomez s’assemblent au tombeau de Charlemagne faisant un simple tirage au sort, pour savoir qui aura l’honneur d’assassiner le roi, qui est sur le point de devenir empereur. Le sort désignait Hernani.

 Le drame romantique, en tant qu’intermédiaire entre les genres, vise à impressionner simultanément les règles de chacun dès le début jusqu’à la fin de la pièce. Celle-ci a une structure très singulière se fondant sur les techniques théâtrales, puisqu’elle est débutée par des faits tragiques qui se manifestent précisément dans la présence d’un personnage noble qui est le roi. Cependant, la mauvaise interprétation de la part de la gouvernante par rapport au signal donné par un inconnu qui a frappé à la porte, s’incline aux faits comiques. C’est un malentendu sur la personne d’Hernani qui rend la scène un peu comique. Le dénouement illustrera davantage cette satisfaction des genres, puisque la pièce est doublement finie ; c’est à-dire, que Hugo abordera vers la fin deux sorts, l’un répond aux besoins de la comédie (le grotesque), alors que l’autre aux besoins de la tragédie (le sublime). Le premier se décèle dans la réalisation du projet du mariage, qui se considère comme fin une heureuse. Le deuxième se dégage, quant à lui, dans la mort tragique de deux amants, qui se considère comme une fin malheureuse. C’est une fin fidèle aux aspects du drame romantique.

 La scène expose deux personnages : le premier est Hernani. Il s’agit d’héros du drame romantique, puisqu’il ne lui manque aucune caractéristique de celui-ci ; la jeunesse, la beauté,  le courage, une noblesse cachée, mais il est aussi chargé d’une responsabilité (la vengeance de son père). Encore plus, il est amoureux d’une jeune héroïne dont deux autres personnages sont également tombés amoureux (D.Gomez et D.Carlos). Le deuxième est D.Gomez comme étant uniquement un personnage principal. Il se caractérise lui aussi par sa fortune inestimable. Toutefois, sa vieillesse et ses gestes révèlent son masque : c’est-à-dire, il s’agit peut-être d’un personnage appartenant à une autre ère (ère du Classicisme), et vient pour violer les principes du Romantisme. 

 On constate que le drame romantique tisse des rapports entre les personnages. Alors, La relation entre les deux personnages susmentionnés, est celle de la rivalité, qui s’est marquée dès les premières scènes, à l’égard de D.Sol. Mais, en fait, l’extrait en question les représente comme des alliés. Alors là, on pourrait dire qu’il s’agit d’une relation de complémentarité.  Cela, pour unique but : s’unir contre D.Carlos, comme pour sauver D. Sol de toute tentative de violence et d’agression. 

 Hugo met en scène des personnages qui rassemblent, à la fois les traits dociles à la tragédie et à la comédie. En premier lieu, nous avons Hernani en tant qu’un héros extrêmement tragique. Car, il est beaucoup plus sérieux, et il lutte contre un destin funeste qui le dépasse.

En d’autres termes, il est victime d’une fatalité qui n’a pas choisi. Donc, la comédie n’a pas de place. En deuxième lieu, on trouve D.Gomez qui se qualifie tantôt comme personnage comique et tantôt tragique. Son défaut se montre dans sa passion aveuglante envers sa nièce D.Sol. Alors que son aspect tragique se dévoile, quant à lui, dans sa fidélité extrême aux lois d’hospitalité. Partant, il est prêt pour tout payer, parce qu’il a permis au roi d’emmener l’héroïne avec lui, au lieu de son hôte et de soi-même, afin de ne pas trahir ses aïeux coûte que coûte. Et c’est là où il agit conformément aux règles de la tragédie. 

 Chaque personnage a des contrastes propices qui le déchirent intrinsèquement. Prenant Hernani qui s’est mis devant un dilemme ; venger sinon, aimer. S’il veut venger son père, il va indéniablement perdre sa bien-aimée. En contrepartie, s’il veut vivre sa vie et, se sentir de l’amour, il lui faut éliminer toute idée de vengeance dans sa tête. Idem pour Gomez qu’aime à l’émeri sa nièce (le bonheur), face à sa vieillesse (la mort) et, face à l’inceste. 

 L’extrait touche l’intrigue principale de l’amour entre Hernani et Donia sol. C’est un amour spirituel, sein et mutuel. Hernani est près de sacrifier, pour sa bien-aimée, ce qui illustre clairement dans ses paroles en s’adressant à D.Gomez en leur donnant la liberté de lui faire ce qu’il désirerait une fois que l’héroïne est sauvée, « tu peux me tuer » ; « Fais-moi cette grâce ! ». En fait, cette intrigue est en parallèle avec celle de la politique, vu qu’Hernani et D.Gomez se mettent d’accord de poursuivre le roi, pour Gomez c’est pour réaliser ses rêves politiques, mais aussi, sauver sa nièce pour qu’il puisse l’épouser. À l’instar d’Hernani qui veut rendre D.Sol tout en se vengeant du roi. Et c’est ici que l’intrigue de l’amour et de la vengeance sont en parallèle, après avoir su qu’elles sont opposées presque toujours. Il est à noter que cette intrigue de l’amour s’oppose ainsi aux certains fils d’intrigue, à savoir, l’amour de Gomez vis-à-vis de D.Sol. Elle constitue un vrai obstacle devant l’aboutissent de l’intrigue principale. À côté de ce fil d’intrigue, il y a aussi celui de l’amour charnel de D.Carlos envers l’héroïne, qui constitue un obstacle mineur, car il va résoudre très prochainement dans l’acte du tombeau,  où toutes les autres intrigues se résolvent, hormis, l’amour de Gomez pour Dona Sol qui restera jusqu’à ce qu’il provoque la fin dramatique de toute l’histoire.

 En ce qui concerne le registre employé, on constate qu’il est à la fois comique et tragique.  Le comique de situation se montre dans les recommandations d’un bandit (Hernani) au père  (personnage noble), « écoute » ; « viens, sonne de ce cor». Le registre tragique est intensément présenté et, se traduite par les supplications d’Hernani au Gomez, « Et s'il faut embrasser tes pieds, je les embrasse ! » ; « tu me tueras ». Ainsi, que les paroles mélancoliques d’Hernani qui suscitent la pitié chez le spectateur.

 À ce stade, on peut déduire que Hugo a pu concrétiser un immense bouleversement et une rupture avec les classiques, par le biais des personnages qui relèvent de deux genres en les mettant en conflit. En dernier terme, Hugo à bien réussi d’inculquer les principes du Romantisme dans cette pièce marquante le triomphe du drame romantique.

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